Bien préparer l'hivernage des ruches: les étapes essentielles pour des colonies en bonne santé
L'hivernage des ruches représente un moment clé de la saison apicole. Lorsque les températures chutent, les abeilles réduisent leur activité, se resserrent en grappe et se concentrent sur leur survie. Le rôle de l'apiculteur est alors de leur offrir les meilleures conditions possibles, tout en limitant les interventions pour préserver le calme de la colonie.
Dans cet article, je vous propose de passer en revue les étapes essentielles d'un hivernage réussi.
1. Évaluer la force des colonies
Avant l'entrée de l'hiver, il est indispensable d'évaluer la force de chaque ruche. Une colonie capable de bien hiverner doit présenter:
- une nombre d'abeilles suffisant pour former une grappe compacte
- une reine en ponte régulière en fin d'été
- des réserves adéquates
- une population de varroas faible
Les colonies trop faibles pourront être regroupées ou renforcées par réunion avant les premiers froids.
2. Vérifier et ajuster les réserves de nourriture
L'alimentation est un facteur vital. Si les réserves sont insuffisantes, elles seront complétées avec un sirop lourd en fin d'été et/ou un candi en hiver si besoin.
Du miel du rucher est conservé afin de leur redonner en cas de besoin. C'est le meilleur nourrissement que l'apiculteur puisse faire pour ses abeilles.
3. Contrôler l'état des ruches et du matériel
Pour assurer un bon hivernage, il faut limiter l'humidité et les courants d'air.
Les vérifications indispensables:
- Couvre-cadre en bon état
- Toits bien fixés
- Absence de fuites ou d'humidité
- Réduction des entrées pour éviter les intrusions (souris)
- Ajouter un isolant respirant au dessus du couvre cadre pour limiter la condensation.
4. Traiter contre le varroa
Le traitement d'hiver est essentiel pour réduire la pression parasitaire.
Pour cela, j'utilise un traitement autorisé en agriculture biologique: l'acide oxalique.
Ce traitement se fait soit par dégouttement (on fait couler la solution directement sur les abeilles) ou par sublimation (application du traitement à l'aide d'un appareil faisant passer l'acide oxalique de sa forme solide à sa forme gazeuse sans passage par l'état liquide). Dans les 2 cas, le traitement est réalisé en l'absence totale de couvain.
5. Gérer la ventilation et l'humidité
L'humidité tue plus que le froid. Pour cela:
- Incliner très légèrement la ruche vers l'avant.
- Vérifier que le tiroir de fond n'est pas gorgé d'eau
J'ajoute un isolant afin de réaliser un coussin hivernal afin d'absorber l'humidité
6. Positionner ses ruches dans un emplacement adapté
L'environnement compte énormément.
Les conditions idéales:
- Exposition Sud/Est
- A l'abri du vent dominant
- Surélevées du sol afin d’éviter l'humidité du sol
- Hors des zones d'ombre permanente
7. Limiter les dérangements en hiver
Une fois l'hiver installé, les visites doivent être limitées.
On se contente:
- de contrôler les poids des ruches
- de vérifier que les planchers restent propres
- d'observer l'activité à l'entrée lors des redoux
Conclusion
Un bon hivernage repose sur l'anticipation, le contrôle de la santé des colonies et l'aménagement d'un environnement sain.
En prenant soin de préparer correctement les ruches avant l'hiver, toutes les chances sont mises du côté des abeilles pour qu'elles redémarrent avec vigueur.
L'apiculture est un dialogue constant entre l'humain et la nature, et l'hivernage est l'une des phases les plus délicates.
Merci pour votre intérêt !
Votre HappyCultrice





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